Cosmétique de l’ennemi

Par leur structure même, les romans d’Amélie Nothomb sont un appel au théâtre, puisque les situations d’affrontement y règnent en maître et que le dialogue, aux allures de joute, y propulsent l’action. Après Hygiène de l’assassin et Le sabotage amoureux, c’est au tour de Cosmétique de l’ennemi d’être porté à la scène pour une série de représentations.
Ced et moi avons été voir la pièce jeudi dernier. On a aimé.

Pour résumer, l’histoire se passe dans un aéroport. Un avion est retardé d’une durée indéterminée. Les voyageurs attendent. Parmi eux, Jerôme Angust. Malheureusement pour lui, Textor Texel se trouve également dans l’aéroport et compte bien lui pourrir la vie, du moins jusqu’à ce que l’avion arrive. L’avion n’arrivera jamais. On assiste à la conversation de l’importun et de l’homme pressé.

J’ai lu le bouquin plusieurs fois, depuis qu’il est paru, et cela, sans savoir que la pièce serait jouée. Je précise que j’adore Amélie Nothomb, j’adore ce qu’elle fait, j’adore ses mots, son ironie, son autodérision. J’adore sa vie, ses soucis d’enfants, sa gêne d’adolescente, son rapport à la nourriture, à la beauté, ses démons intérieurs.
Malgré que la Cosmétique de l’ennemi ne fait pas réellement partie de son autobiographie, ses mots, ou plutot sa jouissance à utiliser ces mots-là, montre que c’est bien d’elle qu’elle parle. Celui qui a lu et apprécié ses romans, doit le ressentir.

La pièce est le livre. Mot par mot. Je pense que ce respect était particulièrement important car Amélie Nothomb sait choisir ses mots, elle ne les prend pas au hasard, chacun est pesé, senti et ressenti et c’est au lecteur (et au spectateur, dans ce cas) de les apprécier à leur juste valeur.
Les acteurs ont un jeu très complice, on sent qu’ils vivent leur personnage. Ayant lu le livre plusieurs fois, je m’imaginais leur physique. On est parfois choqué quand on passe du roman au théâtre, car ils ne ressemblent en rien à ce que l’on s’imaginait. Là, pas du tout. L’un est grand est plutôt pas mal, l’autre est en chaise roulante, envahissant, transpirant, parlant fort. Ils collent tous les deux à leur personnage. Sans m’y connaître beaucoup en théâtre, je pense que leur plus grosse difficulté a été de mener la conversation pendant 1h30, et par leur jeu, ne pas lasser les spectateurs. Je trouve qu’ils y parviennent à la perfection. Je conseillerais à tout le monde d’aller voir la pièce car on ne s’y ennuie pas, on rit, on est choqué et on en repart en se disant « beh ça alors! »…

Adaptation des romans d’Amélie Nothomb au théâtre

  • Métaphysique des tubes (également en film)
  • Hygiène de l’assassin (également en film)
  • Le Sabotage amoureux
  • Cosmétique de l’ennemi

Pièce écrite par Amélie Nothomb

  • Les Combustibles

Cosmétique de l’ennemi a été jouée au théâtre de l’Ancre, à Charleroi, tous les soirs du 10 au 26 mars. Deux dates ont été ajoutées afin de répondre à l’énorme demande des clients : le 1er et le 2 avril à 20h30
La pièce sera également jouée au théâtre Le Public, à Bruxelles, du 14 au 16 avril, du 19 au 23 avril, du 26 au 30 avril, du 3 au 7 mai, du 10 au 14 mai, et les 17 et 18 mai à 20h30.

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