5ème séance de prépa psycho: motivation, respiration, visualisation

Je n’ai pas détaillé la 4ème séance parce qu’elle était exactement comme la 3ème. Un peu de gym douce au début pour détendre et mobiliser le bassin, les jambes et le haut du dos puis de la relaxation en passant en revue la contraction et la décontraction de chaque groupe musculaire, de la tête aux pieds.

Hier aussi, il y a eu un peu de gym au début, puis encore de la relaxation. La kiné nous a parlé de plusieurs choses: ce qui déclenche le départ à la maternité, la motivation dans le travail et un gros chapitre sur la respiration.

Voila donc ce que j’en ai retenu.

Pour le départ à la maternité:

  • Une hémorragie (évidemment)
  • La perte des eaux, en sachant bien que le bébé peut encore tenir en moyenne 24h lorsque la poche est rompue parce que sa tête ou ses fesses poussent sur le col et tout le liquide ne part pas d’un coup. On a donc largement le temps de se rafraichir en prenant une douche (pas de bain!), de mettre une bonne protection dans la culotte et de mettre les valises de bébé et de maman dans le coffre et aller à la maternité sans bruler tous les feux rouges. Relax donc.
  • Les contractions; Elles doivent être régulières, rapprochées (toutes les 5 minutes) et relativement intenses pendant minimum 1h. Pour un premier bébé, on compte 1h de ce type de contractions pour dilater 1 cm de col. Et comme il y a 10 cm, il faut théoriquement 10h pour arriver à la dilatation complète. Théoriquement. Souvent davantage. Si le col s’ouvre plus vite, ça prendra quand même un certain temps. On a tout le temps de prendre un bain, voir si les contractions se calment ou pas, préparer calmement ses affaires et aller à la maternité sans se presser ni râler sur tous les papys qui n’avancent pas. Relax encore! L’idéal, apparemment est d’arriver dilatée à 3-4 cm. Là on est sûre que c’est la bonne, on va accoucher dans les heures qui suivent (chouette!) après avoir étudié les moindres détails des couloirs de la maternité.

En passant, un petit lien avec une liste de ce qu’il faut prévoir pour la maman et le bébé dans les valises pour la maternité.

Deuxième point évoqué pendant les séances de préparation: la motivation

Quand le corps fait son difficile, quand il devient douloureux, c’est le mental qui doit prendre le relai. Nous allons sans doute toutes revoir notre vocabulaire des grossièretés, envoyer les sage-femmes « se faire foutre », regretter d’avoir fait ce foutu bébé qui ne veut pas sortir alors que ça fait 3 mois qu’il me cloue au lit et quand je veux qu’il sorte, il ne veut plus, tirez dessus bon sang, attrapez lui la tete et tirez dessus qu’on en finisse, se lever et dire au gynéco de se débrouiller sans nous pour accoucher… on va dire plein de conneries. Entre toutes ces bêtises qui nous feront rire (après), il est important de garder en tête quelques images mentales comme les futurs moments avec le bébé. Et se rappeler pourquoi on se donne à fond.

Ces images permettent de rester les pieds sur terre, se souvenir qu’on souffre oui, mais c’est la plus belle des souffrances, c’est un petit bonhomme ou une petite bonne femme qui va arriver, qui va nous remplir de joie, qui apprendra à parler, qui fera ses premiers pas quelques mois plus tard, qui grandira. On donne la vie, on a créé une personne et là, après tout ce qu’elle a déjà vécu dans notre ventre, tous les obstacles qu’elle a dépassé pour ne pas disparaitre après quelques semaines ou quelques mois, après la fougue avec laquelle ce petit bout de cellule est devenu un beau bébé le plus beau bébé, la personne est prête à venir au monde. C’est magique!

On a beau avoir été suivie médicalement  depuis qu’on a appris notre grossesse, on a beau avoir fait des prises de sang, des touchers vaginaux, on s’est battue contre la constipation et contre la prise de poids trop importante, on a appris par coeur des termes techniques et on sait tout sur la physiologie de la grossesse.. mais ça n’en reste pas moins de la magie, du fantastique, du miraculeux… C’est à tout ça qu’il faut penser quand on souffre. Hou, j’en suis toute émue rien qu’à l’écrire!

C’est notre fils ou notre fille qui va naître, et nous nous sentons prêtes à donner notre propre vie pour que ce petit bout vive, alors c’est pas quelques heures de souffrance qui vont nous faire perdre les pédales!

Ca nous aidera de mettre des mots sur tout ça, d’en parler avec le papa qui se sentira, du coup, moins inutile dans notre souffrance. Car le papa dira ces mots là au moment où nous jureront le ciel et la terre pour que ce foutu bébé naisse, bordeeeeel. Le papa nous remettra plus d’une fois les pieds sur terre pendant le travail (même si on lui ordonne de se taire sous peine de lui arracher la langue et de la lui faire bouffer, si si!)

Moins glamour mais pas moins efficace: visualiser la position du bébé dans notre ventre, notre bassin, notre col, permet aussi de faciliter « le passage ».

Personnellement, j’espère juste avoir la présence d’esprit de penser à tout ça. Je crois que la présence du papa est importante dans ces moments là, pour nous rappeler toutes ces petites choses qu’on a apprises et que l’émotion du moment aurait tendance à nous faire oublier.

Dernier point évoqué en long et en large pendant cette 5ème séance: la respiration.

La kiné en avait déjà parlé plusieurs fois depuis le début des séances et nous avions déjà pratiqué cette respiration de calme abdominale pendant la relaxation mais cette fois, nous avons observé de plus près ce qu’il se passe pendant le travail.

Il est important de savoir qu’à chaque contraction, le placenta est comprimé. Le placenta s’occupe des échanges entre la maman et le bébé, et envoie le sang propre au bébé via le cordon. Il agit donc comme une pompe couplée d’un filtre. Un placenta comprimé enverra moins de sang dans le cordon et du coup, le coeur du bébé battra moins vite et moins fort pendant les contractions. C’est pour cela qu’il y a des bébés qui « souffrent » pendant un accouchement. Ils sont mal oxygénés lors de crises de panique ou autre.

La respiration abdominale est importante, elle permet de limiter la longueur des contractions et d’envoyer un maximum d’oxygène dans le placenta pour qu’il sache assurer la vitalité et le bien-être du bébé même pendant de très grosses contractions. Entre les contractions, cette respiration n’est pas moins utile pour redonner au bébé l’énergie qui lui manque (parce que 10h de contractions c’est pas épuisant rien que pour nous, le bébé vit ces contractions aussi).

Là encore, la visualisation est importante et nous l’avons abondamment travaillée pendant cette séance de prépa. En fermant les yeux, il faut respirer (gonfler le ventre sur l’inspiration) imaginer ces petites bulles d’oxygène rentrer par le nez, remplir notre système respiratoire supérieur, remplir nos poumons et on voit alors le sang des poumons se charger d’emporter ces petites bulles. On voit le sang entrer dans le placenta, le placenta termine de filtrer ce qui n’est pas utile pour le bébé mais les petites bulles passent, entrent dans le cordon et vont alimenter le corps de notre bébé en énergie, le coeur de bébé bat bien, envoie du sang dans tout son corps. Tout va bien.

En plus du bien-être et de la vitalité du bébé, cette visualisation permettra pendant le travail de penser à autre chose qu’à la douleur.

Donc petit résumé:

  • Motivation avec des images mentales de l’avenir de notre bébé, ce qui nous pousse à nous dépasser.
  • Respiration pendant et entre les contractions pour assurer la vitalité et le bien-être du bébé
  • Visualisation à tous les étages pour penser à autre chose qu’à la douleur et garder les pieds sur terre

Des liens: