Le bullet Journal, c’est pas mon truc.

Après avoir testé la gravure sur gomme, le lettrage, la création de t-shirts, la calligraphie et j’en passe, je me suis intéressée à un phénomène de mode (mais vachement utile comme phénomène), le bujo. Ou bullet journal. Ou organisation de la journée, de la semaine, du mois, de l’année, avec des listes. On s’organise dans sa tête, et par écrit. On tracke ce qui est fait et pas fait, on se réjouit à l’idée de cocher la case, on voit ce qu’il reste à faire et on se réjouit de cocher la case suivante. C’est cool, c’est sympa, on est maître de sa journée tout en ayant un petit côté créatif. Vu qu’en gros, on dessine des cases qui représentent la journée et on écrit bien (on essaie), on fait des beaux titres avec des bannières (y a des tutos sur pinterest pour bien dessiner des bannières ruban avec la petite ombre en dessous, je suis devenue balèze en bannières) et on rajoute des stickers.
En vrai non, on n’est pas obligé de dessiner, on peut garder une organisation tout à fait minimaliste avec une écriture en pattes de mouches, mais comme on va le photographier sous toutes ses coutures et le mettre sur Instagram, on fait genre qu’on a été hyper créative, pour crâner devant les copines, ajouter des hashtags et avoir des coeurs.

Capture d’écran prise au hasard avec la recherche #bujo dans Instagram

Bon, moi ça m’a saoulée. J’en avais marre de faire des jolies cases, j’ai jamais compris comment mettre toute la journée dans une case, j’essayais d’avoir des cases de tailles relativement identiques mais j’avais des jours hyperactifs, et des jours de glande où je m’autorisais à ne rien faire (j’ai presque culpabilisé de ne rien écrire dans ces cases).

J’ai jamais réussi à retenir le code du check. Quand tu fais ta liste, au lieu de mettre un tiret devant ce qui est à faire, tu mets un point. Quand tu check pour de vrai, parce que « bravo, mission accomplie ! », tu remplaces le point par autre chose (une croix si je me souviens bien), quand tu check pour dire « je le ferai demain » (bouuuh, pas bien, espèce de désorganisée!), tu remplaces le point par autre chose encore (une flèche ?) etc. Un petit code par situation. Je ne dois pas avoir la mémoire des codes. Je dessinais un petit carré que je coloriais quand la mission était accomplie.
Puis ma créativité en a pris un coup, j’avais l’air débile avec mes petites bannières devant des instagrameuses qui te font une oeuvre d’art pour chaque semaine. Et puis surtout, c’est chronophage. Sur le temps qu’il me fallait pour faire une belle page de semaine, j’aurais pu checker deux ou trois points. Puis tu passes une partie de ta vie à scroller instagram et pinterest. Et puis il est l’heure d’aller chercher le loustic à l’école et t’as encore rien checké.

T’as vu ma jolie bannière et mon stabilo rose ^^

Un bujo peut s’agrémenter, si on veut, de « collections », donc de pages qui reprennent l’étendue de choses bien personnelles comme les livres lus, les livres à lire, des recettes en moins de 20 minutes, des recettes santé, l’inventaire d’une valise, la liste des villes et pays visités… Ca dépend d’une personne à l’autre. Là aussi, il y a de l’oeuvre d’art dans l’air. Et puis, détail très important : le papier qui glisse. Les bujoteuses n’aiment pas avoir un cahier acheté à la papeterie du coin. Il faut un Leuchturmachin à points (à la place d’un quadrillage, il n’y a que les points d’intersections, c’est plus léger, plus joli) mais attention à ces bics là, parce qu’ils percent et donc c’est moche.

Je force le trait un petit peu. Certaines sont minimalistes et je trouve ça super joli. Pense bien à montrer ton bic et une plante grasse ou une plante dans les tons vert-de-gris si tu montres ton minimalisme sur Instagram. Le bic et la plante, c’est la base.

Un bujo peut aussi contenir un tracker. Là, on fait un tableau à double entrée, avec d’un côté les 31 jours du mois numérotés, et de l’autre les tâches qu’on voudrait avoir faites une fois par jour, une ou plusieurs fois par semaine, une ou plusieurs fois par mois, etc. Genre balayer, c’est tous les deux jours, aspirer c’est une fois par semaine, du sport c’est 3 fois par semaine. Tu as donc une ligne « balayer », une ligne « aspirer », une ligne « sport » (etc.), et tu fais une croix dans la case qui correspond au jour où tu as fait ces tâches. Et gare à toi si tu n’as balayé qu’une fois cette semaine, hein !
Sinon, on peut aussi tracker son poids, ses centimètres de tour de taille, de bras, de hanches, son humeur, sa résistance aux tentations de grignotages ou d’alcool, ses soins du visage, ses méditations, la liste est infinie. J’aime bien l’idée mais je ne tiens pas ces choses là sur la durée. On peut aussi user de beaucoup de créativité et ne pas se contenter d’un tableau à double entrée.
Le tracker m’a permis de me concentrer pendant 2 mois sur des tâches chiantes mais nécessaires comme changer l’eau des poissons, arroser les plantes une fois par semaine (ça c’est pas chiant mais j’oubliais toujours si je l’avais fait ou pas)… ça m’a motivée à aspirer pour cocher la case, puis nettoyer, repasser, astiquer, casa toujours pimpante, en ordre, le linge nickel et tout. Après j’en ai eu marre d’être la parfaite petite femme d’intérieur. Mert quoi.

Donc la période bujo était révolue. Je me suis acheté un agenda.

Mais pas n’importe quel agenda. Un semainier Moleskine (le papier glisse bien et ne perce pas avec mes Stabilos ^^ ) : une page de semaine, et une page de notes juste en face. J’ai gardé ce qui m’avait plu dans le système de bujo (cocher des cases), et j’ai adaté. Les choses à faire absolument tel ou tel jour sont du côté semainier, les autres tâches à faire dans la semaine sont +- en vrac sur la page de notes. Ainsi que des idées qui me viennent pendant que je suis en rééducation avec un patient, et que je me dis « ah tiens, si je trouve ceci, si je fais cela, ça l’aidera pour la suite ». J’y ai noté aussi les jours des poubelles plastiques et des papiers. Je dessine une petite feuille quand j’arrose les plantes. Je note également où j’en suis pour certains patients au niveau administratif, les dates de quand j’ai envoyé un dossier ou une demande, j’avais noté les différentes étapes de l’organisation de l’anniversaire d’Elliott en août dernier, depuis la création de son carton d’invitation (quel jour le faire pour l’envoyer à imprimer pour le recevoir à temps pour que les copains le reçoivent une bonne semaine avant la date…) jusqu’à la liste des courses… Utilité, efficacité, productivité. Hop. Adopté (encore maintenant – je me surprends même à être une personne organisée)

Donc pour moi, c’est bujo à ma sauce (donc agenda, on va dire), sans la prise de tête des performances créatives, sans les collections. Avec des trucs à cocher, des rdv à ne pas oublier, des idées en vrac et des petits stickers de temps en temps  Par contre, la communauté du bujo m’a fait découvrir pas mal d’outils intéressants pour la gestion du temps, des objectifs à court et moyen terme, pour la gestion de soi-même…

Enregistrer

Enregistrer

commentaires

0 commentaires


Ajouter un commentaire