Araki

Vous avez peut-être entendu parler de ce “scandale” de la région de Charleroi. Non, rien de politique ici, je parle du scandale qui a touché le musée de la photo, ancien couvent qui a osé, ce fourbe, ce perfide, exposer une photo de femme nue en pleine rue! Près d’une école! Sur sa devanture juste en dessous de Saint je-ne-sais-quoi! Je vous rassure tout de suite, la demoiselle n’a rien de provocateur, des seins même pas gros ni vulgaires, des plumes cachent son intimité (photo ci-dessous…)


(la photo n’est pas de moi, mais l’auteur veut bien que je la laisse ;-) )

Des cocktails molotov faits maison ont été lancés sur cette pauvre demoiselle qui ne demande qu’à promouvoir l’exposition Self, Life, Death d’Araki. Elle y réussi fort bien et Ced et moi nous sommes retrouvés hier matin au musée de la photo de Charleroi pour nous perdre dans les couloirs melant le sexe, la vie et la mort.

Araki est un génie. Même un oeuf poché est sexuel, avec lui. Photos de fleurs, photos de nourriture, visions de Tokyo (il compare Tokyo à un utérus), couleurs et lumières crues, bondage, sexualité alternative, voyeurisme mais aussi un grand amour de la Femme. De sa femme en particulier, décédée d’un cancer en 1990, moment de sa vie décisif qui a marqué un tournant important dans l’esthétisme et la signification de ses photos. Amour de ses modèles aussi, avec lesquelles on devine une grande complicité.

Au fur et à mesure de l’exposition, on rentre dans la peau d’Araki, on s’imagine être derrière l’appareil, on voit les choses avec ses yeux, c’est une sensation impressionnante. C’est bien plus riche à mon sens qu’une exposition de peinture. La photo n’est pas uniquement esthétique, ne souhaite pas ici montrer les choses comme elles sont. Ici, l’imagination joue un rôle, s’immisce dans la vie des modèles et de l’artiste, pénètre les quartiers à putes de Tokyo, s’infiltre dans l’intimité de chambres d’hotel, de bars miteux, partage l’excitation avec les modèles écartelées et baillonnée. Sexuel que je vous dis.

Voici un article qui en parle mieux que moi, et des photos de l’exposition: polaroïds, yoko, sa femme, l’artiste, et plein d’autres dans la recherche Flickr.

Le site officiel d’Araki

15 commentaires

15 commentaires


  1. 1. Le 2 novembre 2006 à 10:55  par dibatch

    Araki rit jaune alors…

    Ok, j men vais….

  2. 2. Le 2 novembre 2006 à 12:43  par phaZer

    Cela dit, Araki il faut aimer … enfin je parle de ce que j’en ai déjà vu jusqu’à présent. Je n’ai pas vu cette expo. et je suis loin de connaître son oeuvre dans sa globalité, ni même d’être choqué pour un bout de fesse ou de sein montré, mais ce que j’en ai déjà vu n’est pas trop mon trip … mais tous les goûts sont dans la nature … ;-)

  3. 3. Le 2 novembre 2006 à 15:11  par IIILazarusIII

    :^: Charleroiiii… J’y ai grandi (oui oui) et basiquement, cette affaire du musée de la photo m’a conforté dans une réalité attristante : la rue refuse la culture. J’ai écrit au directeur du musée quand j’ai appris ce qu’il s’était passé, ça a même fait l’objet d’une tribune dans Le Monde. Dans une ville comme Paris ou Bruxelles, ce genre de réactions n’existerait pas, il y a un vrai déficit à combler… déficit de quoi ? Je vais pas me lancer dans une analyse sociologique, mais je pense qu’éviter le lien entre l’ambiance carpolitique et crasociale (mais attention, je ne généralise pas, il y a par ailleurs une politique culturelle très développée à charleroi) n’est pas un bon réflexe. Je pense que la gestion de la ville dans son ensemble déteint sur les mentalités, notamment au niveau de l’investissement dans l’urbanisme et les structures de développement. Ce sont les idées qui impriment les comportements : l’idéal détermine le phénomène comme disait Hegel.

  4. 4. Le 2 novembre 2006 à 21:01  par sioran

    Tiens..j’avais laissé un commentaire…vous m’aviez répondu…je ne le retrouve plus…serais-je indésirable?

  5. 5. Le 2 novembre 2006 à 21:16  par Soph

    Rendez-vous sur ton blog ^-^

  6. 6. Le 2 novembre 2006 à 21:27  par Soph

    Lazarus, suis originaire de Charleroi aussi. Née là bas, primaires là bas, secondaires à Marcinelle… pure souche carolo. Suis désolée aussi de voir comment cette ville évolue, tant au niveau politique que culturel. Pourtant c’est toujours une ville que j’adore, suis trop nostalgique. Je pense qu’un investissement culturel au niveau des bibliothèques (autres que celle de l’UT quasi inaccessible et la bibliothèque Rimbaud), également davantage de musées à l’attention des jeunes adultes seraient bienvenus, mais il faudrait aussi que les carolos ne se sentent pas “les pestiférés” du Hainaut. Quand on parle de Charleroi, (presque) toute personne qui n’habite pas là lève les yeux au ciel en disant “houlala Charleroi, sale ville”. Ce serait bon que les carolos ne se sentent pas “abandonnés” dans cet espèce de misère qui semble coller à la peau de Charleroi

  7. 7. Le 3 novembre 2006 à 8:49  par Romuald

    OH MON DIEU MAIS QUELLE HORREUR ! Sainte-Bernique, priez pour nous !

  8. 8. Le 3 novembre 2006 à 13:55  par IIILazarusIII

    Moi j’ai passé mon enfance dans le centre (boulevard audent) et j’y ai fait toute ma scolarité, j’ai vécu a mont-sur-marchienne, marcinelle et montigny-le-tilleul ensuite. Et objectivement on peut dire qu’il y a deux types de population dans la ville, la partie “normale” et la partie “baraki”. Les gens qui lèvent les yeux au ciel pensent à la seconde qui est très visible. Franchement c’est une ville dans laquelle on voit des choses impensables ailleurs (dans la misère, financière, culturelle…). J’ai un ami qui a fait un stage en médecine aux urgences de Gilly et qui m’a raconté des cas hallucinants. Quand j’étais plus jeune j’ai vu des dizaines de fois des trucs vraiment zarb dans le métro ou sur les parkings des beaux-arts. En d’autres termes : y a quand même un potentiel de gens paumés (malgré eux bien sûr, je ne les en accuse en rien) qui donne à la ville un paysage social qui fait peur (ou pitié, c’est selon). Mon point de vue c’est qu’aucune politique de développement n’a su jouer le rôle de relais après l’épuisement des industries. Charleroi est une ville où la prospérité a explosé par l’acier et le charbon (et le verre aussi un peu), puis y a plus eu de charbon, les chinois ont concurrencé l’acier : et y a plus rien. Si la ville avait investi dans le développement économique pour parer à l’épuisement des ressources naturelles, par exemple en mettant l’accent sur les services (ce qu’ils essayent de faire à Gosselies avec le centre de développement des technologies, mais bon, c’est un peu tard), on en serait pas là. Il y a un lien ténu entre santé économique et culturelle. Enfin, je pense :)

  9. 9. Le 29 novembre 2006 à 18:48  par BOUtroule

    Un site consacré à Charleroi. Chaque jour une photo de la ville avec un peu d’humour et de tendresse. Aujourd’hui une photo de l’affiche sujette à contreverses.

  10. 10. Le 6 décembre 2006 à 13:10  par Microbe

    Moi je vis et je travaille à Charleroi et je ne trouve pas que la ville soit si horrible . Il y a plein de choses surprenantes pour qui sait regarder. Certes Charleroi n’est pas une ville facile, certes, il y a tout le contexte politique et social, cependant il y reste des gens qui veulent croire que cette ville a encore un avenir. Je sais qu’il va falloir du temps pour faire avancer notre ville, mais moi aussi je veux y croire. Ceci dit, je n’ai pas honte d’être aussi carolo et l’humour est souvent la meilleure réponse à la pitié de certains…

  11. 11. Le 8 décembre 2006 à 13:17  par boris

    Bonjour Sophie!

    J’ai entendu parler de ce scandale… alalala où est finalement la liberté d’expression? En parlant d’expression, saches que j’ai bcp aimé ta façon d’utiliser les mots pr nous expliquer ton ressentiment!! Chapeau… ca vaut bien un article, je trouve. Pr infos, je bosses à CHARLEROI au centre d’art contemporain BPS 22: ce termine l’expo de Johan Muyle le 10 décembre!!! allez y.

  12. 12. Le 10 décembre 2006 à 11:58  par Soph

    Ah zut c’est aujourd’hui ;-( Dommage ça m’aurait intéressé mais aujourd’hui, pas le temps :-/

  13. 13. Le 26 mars 2007 à 20:21  par I Rule

    Le samedi 7 octobre 2006 à 19:51, par TeeBob :

    ayant entendu parler des tristes evenements cités précédements, je me suis rendu sur place pour m’y faire un opinion. Je pense que cette affiche, bien que porteuse de polémique, est a sa place sur la façade du dit musée. La provocation doit y être considéré comme une invitation à venir observer la totalité de son travail afin de transformer votre dégout/écoeurement/pudeur en un moteur de réflexion, d’échanges et de remise en question, permettant alors peut-être d’enfin remodeler les limites de l’indécence. N’amalgamons pas la vulgarisation du nu comme sujet d’origine naturelle (nous le sommes tous sous nos vêtements, de la naissance à la mort) et la vulgarité obscène de certains médias, qui à l’heure du repas se permettent de nous passer en boucle des immages d’estropiés, de bains de sang et de violence gratuite, et qui imaginent détenir et controler les limites du tabou.
    En tout les cas, un grand coucou a nos amis faibles d’esprit qui canardent cette exposition, magnifique au deumeurant, d’oeufs, de pierres et de cocktail molotovs. Votre coup de pub a fonctionné à merveille, depuis le musée ne désemplis plus. Merci.

    J’y suis allé et j’y retournerais.

    JustMe.

  14. 14. Le 8 mai 2007 à 18:21  par mgx

    magnifique exposition,c’etait magique tous ces polaroids;on avait

    l’impression d’etre derriere lui pdt k’il prenait la photo…………un artiste………

  15. 15. Le 8 août 2008 à 9:16  par lartiste

    Je trouve cette photo superbe!
    Carmel…Carmel…BORDEL OUI !!!

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